En période de crise, la RSE doit changer de forme

Frustrated businesswoman in green blouse analyzing a graph showing financial loss.

Dans un contexte tendu, la RSE ne peut généralement pas commencer par :

  • une communication inspirationnelle,
  • des grands engagements très ambitieux,
  • des projets périphériques,
  • des initiatives “image”.

Elle doit partir :

  • des douleurs réelles,
  • des risques,
  • des irritants opérationnels,
  • des tensions humaines,
  • des coûts cachés.

Autrement dit : la RSE doit devenir utile immédiatement.

Ce qui fonctionne souvent dans ces contextes
1. Partir du social avant le reste

Quand le climat est tendu, le social devient prioritaire :

  • sécurité,
  • écoute,
  • management,
  • charge de travail,
  • absentéisme,
  • turnover,
  • tensions terrain,
  • reconnaissance,
  • dialogue social.

Parce qu’une entreprise en difficulté financière peut encore entendre : “on doit réduire le turnover”, “on doit sécuriser les équipes clés”, “on doit réduire les arrêts”, “on doit éviter les conflits sociaux”.

Ça devient du pilotage business, pas du “supplément moral”.

2. Traduire la RSE en langage de survie économique

C’est souvent LE point clé. Dans ces périodes, il faut relier les sujets ESG à :

  • maîtrise des coûts,
  • limitation des risques,
  • maintien des clients,
  • sécurisation des appels d’offres,
  • attractivité,
  • crédibilité investisseurs,
  • exigences donneurs d’ordre,
  • conformité.

Par exemple :

  • énergie = réduction des coûts,
  • sécurité = réduction des accidents,
  • turnover = coût de remplacement,
  • reporting ESG = maintien de certains clients,
  • gouvernance = confiance bancaire/investisseurs.

La RSE devient alors : un outil de stabilisation, pas un projet “idéaliste”.

3. Commencer petit (comme le colibri !)

Dans une entreprise en difficulté vouloir déployer immédiatement :

  • une matrice de double matérialité exhaustive,
  • 50 KPI,
  • une feuille de route sur 5 ans,
  • des groupes de travail partout,
  • des ambitions climat massives,

peut créer du rejet.

Souvent, il vaut mieux :

  • 2 ou 3 priorités très concrètes,
  • visibles,
  • utiles,
  • crédibles.

Et paradoxalement… certaines entreprises deviennent plus réceptives à la RSE pendant les crises. Pourquoi ?

Parce qu’elles commencent enfin à voir :

  • leurs vulnérabilités,
  • leurs dépendances,
  • leurs dysfonctionnements structurels,
  • leurs fragilités sociales,
  • leurs risques fournisseurs,
  • leur manque de pilotage.

Autrement dit : la crise agit parfois comme révélateur.

Et c’est souvent là qu’une approche ESG pragmatique peut trouver sa place.